La difficile réconciliation des gauches

Dans un contexte de crise au sein du Parti socialiste, nombreuses sont les voix qui se sont élevées pour exhorter Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon à passer un accord en vue de faire triompher la gauche aux présidentielles.

Malgré une large victoire à la primaire de la gauche (58,8%) et une percée notable dans les sondages, la candidature de Benoît Hamon ne fait pas l’unanimité. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, en lice pour la présidentielle se pose en candidat de l’alternative d’une gauche affaiblie. Déclarant que le PS n’est pas l’apanage de la gauche, Jean-Luc Mélenchon multiplie les déclarations choc afin de se démarquer de son rival. Alors qu’il n’a cessé de balayer d’un revers de main l’éventualité d’une discussion avec le candidat PS, Jean-Luc Mélenchon, poussé par un appel massif au rassemblement, s’est récemment dit « prêt » à un dialogue avec ce dernier.

Une pétition pour réunir la gauche

La gauche doit se rassembler pour la présidentielle. C’est le message clair d’une pétition lancée par des élus Europe Écologie-les-Verts (EELV) désirant un rapprochement entre les candidats de gauche Benoît Hamon (PS), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Yannick Jadot (EELV). Rassemblant près de 42 000 signatures elle a probablement incité Mélenchon à se déclarer ouvert au dialogue malgré sa volonté assumée de faire cavalier seul. L’ex leader du Parti de gauche avait jusqu’alors lourdement ironisé sur les tentatives de séduction du PS. Il a déclaré qu’il n’échangerait pas « des bouts de programmes contre des sièges aux législatives ». Des figures antinomiques et des programmes divergents, voici une des raisons pour lesquelles l’entente entre les deux candidats s’avère délicate.

Des convergences politiques et des désaccords majeurs

« En 2017 : à gauche Titanic » titrait récemment Libération. Benoît Hamon, comme Jean-Luc Mélenchon porte leur candidature comme barrage à l’extrême droite. Entre un candidat frondeur à qui l’on reproche de ne pas renier son mandat, et un autre qui peine à mobiliser les foules, le vote des électeurs de gauche est dangereusement incertain. Ainsi, certains votes communistes pourraient rallier le Front National. A Ivry, fief de Manuel Valls et historiquement celui des communistes, les électeurs désireux de voter FN ne sont pas rares. Outre les personnalités diamétralement opposées, Benoît Hamon le « timide » selon son entourage et l’exubérant Jean-Luc Mélenchon sont en désaccord sur la question, cruciale de l’Europe. Alors que Benoît Hamon en est un fervent défenseur, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de critiquer Bruxelles. « L’Europe on la change ou on la quitte » a déclaré le candidat de La France insoumise qui ambitionne de revenir sur les traités européens. Contrairement à Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon a su s’entourer de personnalités médiatiques à l’image de l’économiste Thomas Piketty. François Hollande, qui refuse d’apporter son soutien au candidat PS, a ironisé sur sa capacité à faire gagner la gauche affirmant que « le destin de la gauche est d’accéder au pouvoir et de l’exercice ». Si elle souhaite remporter l’élection présidentielle, la gauche n’aura pas d’autre choix que de se résoudre à une rapide unification.

Lara Dolan

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