20 millions d’africains menacés par la famine

L’est de l’Afrique se retrouve touché par une forte sécheresse qui s’ajoute aux conflits menaçants de nombreux pays du continent. Le Soudan du Sud et la Somalie, entre autres, à cause de cette situation qui dure, subissent les risques de la famine. La communauté internationale est appelée à se mobiliser pour éviter que la situation ne s’aggrave et que 20 millions de personnes ne meurent de faim et de soif.

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Le Soudan du Sud est, pour l’instant, le seul pays considéré en état de famine ; mais l’ONU considère qu’il pourrait être rejoint par le Nigeria, le Niger, le Cameroun, la Somalie et le Yémen. 20 millions de personnes seraient ainsi concernées. La famine a été officiellement déclarée au Soudan du Sud le 20 février 2017, et touche déjà 100 000 personnes. Alors que depuis 2013 le pays subit une guerre civile meurtrière, des milliers d’habitants se retrouvent obligés de fuir. Depuis le début de l’année, 32 000 Sud-Soudanais se sont réfugiés au Soudan, et des milliers d’autres devraient reproduire ce schéma. Des camps de réfugiés ont été mis en place à travers le pays, et des centres de transit ont été installés à la frontière. Bien que la sécheresse fragilise les populations, les spécialistes s’accordent à dire que la cause principale de cette crise est un facteur humain : les conflits internes, l’état de guerre, la faillite de l’État ou encore les attaques terroristes.

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La Somalie, située dans la corne de l’Afrique, est quant à elle en proie à une famine très importante, la troisième depuis 25 ans. Le terme de famine n’est utilisé que dans des cas précis : pour l’IPC, la famine est déclarée dès lors que plus de 20 % de la population d’une région a un accès très limité à la nourriture de base, que le taux de mortalité est supérieur à deux personnes pour 10 000 par jour, et qu’une malnutrition aiguë touche plus de 30 % de la population. Aujourd’hui, plus de 6,2 millions de Somaliens, soit la moitié de la population, sont concernés et 3 millions souffrent de la faim. A cause de la sécheresse et du conflit politique, il ne leur reste plus rien. Dans de nombreuses régions, le bétail est décimé ; la sécheresse répand des maladies, engendre des mouvements de populations et détruit les moyens d’existence. Étant assoiffées, elles se tournent vers des sources « à risques » comme les eaux stagnantes des étangs. Cela favorise la propagation de maladies telles que le choléra, la diarrhée aiguë et la rougeole, et près de 5,5 millions de personnes seraient susceptibles de contracter ces maladies transmises par l’eau. Les récoltes, quant à elles, se font de plus en plus rares, créant une pénurie de denrées alimentaires. Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, souligne qu’il est encore temps « d’ éviter le pire » et fait appel à la communauté internationale. En effet, circulent des photos de la situation humaine en Somalie, qui ne sont pas sans rappeler la dernière famine que le monde et le pays a connu en 2011 et qui avait tué environ 260 000 personnes. Toujours selon l’ONU, « le monde fait face à sa pire crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». 42 000 personnes – majoritairement des femmes, des enfants et des éleveurs – se sont déjà déplacés vers les camps installés dans le sud de la Somalie, une zone très affectée par la sécheresse, dans l’espoir de recevoir de l’aide.

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Même si l’ONU appelle la communauté internationale à une aide humanitaire d’urgence de 4,4 milliards de dollars, l’aide ne passe pas seulement par des dons financiers, mais aussi par l’envoi de nourriture. Fragilisés par des années de conflits politiques, l’aide aux pays doit être organisée pour ne pas tomber entre les mauvaises mains. La majeure partie du sud somalien étant contrôlée par les chebab, les militants islamistes affiliés à Al-Qaïda, les humanitaires n’ont pas la possibilité de passer pour venir en aide aux populations. La nourriture reçue en aide et interceptée par certains acteurs, peut également servir de moyen de pression sur la population.

Abasourdis et énervés par la sous-médiatisation de la crise humanitaire en Afrique, des influenceurs ont partagé la situation actuelle. C’est par exemple le cas du vineur* français Jérôme Jarre, qui a lancé un hashtag sur les réseaux sociaux pour obtenir l’aide de la compagnie aérienne Turkish Airlines et donc un avion pour transporter de la nourriture et du matériel en Somalie. La réponse a été immédiate et ils font désormais appels à des dons, totalement transparents, pour ensuite acheter de la nourriture spécifique et remplir le(s) avion(s).

*vineur : utilisateur de l’application de réseau sociaux vidéo Vine

Anaïs Marie

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