Gaspard, cette madeleine : « Nouveau Spectacle » signé Gaspard Proust

Le 18 mars 2017, il est grand temps de rejoindre la salle Le Liberté de Rennes. Nous rentrons rapidement dans l’espace culturel qui a l’air connu de tous, sauf de nous, petits touristes sarthois. C’est parti pour une partie de rigolade gênée de 1h30.

Le 18 mars 2017, il est grand temps de rejoindre la salle Le Liberté de Rennes. Nous rentrons rapidement dans l’espace culturel qui a l’air connu de tous, sauf de nous, petits touristes sarthois. C’est partit pour une partie de rigolade gênée de 1h30. Entrée, lumière rouge, questionnement du public, attente, il parle enfin. Nous sommes assis sur des fauteuils rigides, les jambes serrées et les cacahuètes prêtent à être dévorées. Nous sommes entourés de personnes qui ont l’air d’avoir la cinquantaine bien entamée, pour ne pas dire 60 (bien que comme dit mon père, être vieux est une qualité du point de vue de l’expérience). Bref, là n’est pas le sujet, quoi que… Il est 20 heures, Rennes s’éveille sous le regard inquiet d’un public à la fois excité et anxieux d’entendre les paroles crues du l’homme qui nous fera rire ce soir. Gaspard Proust reste 15 minutes en coulisses avant de monter sur scène. Une feignasse ? Qui sait ? Il n’a pas vraiment l’air de vouloir venir, on reconnait déjà son personnage, cet être à la fois agaçant et audacieux. Il descend enfin après que le public a passé un quart d’heure à observer une lumière rouge que cache le rideau de même couleur. « Qu’est-ce que cela veut représenter ? se demanderont les lecteurs de Télérama » s’exaspère-t-il déjà, l’air de dire que ceux qui cherchent une explication à cette couleur sont légèrement faibles d’esprit. La boule est lancée, les quilles tombent une à une en un strike incroyable de critique en tous genres. Il déroule son spectacle et sa langue d’une main de maître, ne laissant personne de côté comme à son habitude. Les connaisseurs reconnaitront l’humour décalé des chroniques de Salut Les Terriens, émission de l’homme en noir.C’est sans scrupule qu’il se met en route pour la délinquance verbale. Il passera par le domaine politique en critiquant, comme tant de monde, monsieur François Hollande. Puis, des acteurs comme Guillaume Gallienne, dur à critiquer, sauf pour Gaspard Proust. Il y a toujours une bonne raison de détester tout le monde après tout, c’est simple. En tout cas il y parvient, ce macho, ce facho, ce gaucho – car oui, il l’avoue dans son spectacle. La menace terroriste pèse sur la salle, il y fait référence plusieurs fois, et je suis certaine que tout le monde surveillait alors les entrées du coin de l’œil, tout en pensant « non mais il n’y a vraiment aucun risque, on est à Rennes » pour tenter de se rassurer inutilement. Du côté du lit, il n’a pas de couette morte, le couple y est détérioré et chacun se remet en question, très mal à l’aise lorsqu’il nous interpelle en nous disant que peut-être en ce moment, notre voisin ou voisine tant aimé/e nous trompe… plutôt gênant mais hilarant. Certains passages sont devenus cultes dans mes discussions comme celui de la petite conférence de presse d’après action (si vous voyez ce que je veux dire) où la femme dit « mais on va où nous deux, on fait quoi ? » ; éclat de dire dans la salle dont mon merveilleux rire de cochon qui j’espère en dérangera plus d’un. Un rire environ toutes les 5 secondes je dirais, et ce sont mes abdos qui vous parlent.La totalité du spectacle nous rappelle à quel point tout peut être risible. L’humour violent et déconcertant permet de décompresser et, dans cette enceinte malsaine, chacun se retrouve dans une critique ; que l’on soit arabe, noir, bobo, asiatique, rennais, de gauche ou de droite, que l’on soit une femme ou (à non pas l’homme tout de même), que l’on soit riche, pauvre, connu ou inconnu au bataillon, la critique est faite. Et la critique est belle. C’est ce pour quoi on vient le voir, pour souffrir en rigolant, pour mourir de rire finalement. La notion de « clair obscur » est représentative de cette ambiance, de cette salle bondée de monde qui n’attend qu’une chose : rire. Pour faire mon intellectuelle littéraire, je citerai cette parole de Rabelais : « Le rire est le propre de l’homme », et c’est là une citation très basique mais qui, avec Gaspard Proust, prend tellement son sens qu’il est impossible de la nier.Le spectacle se termine par de nombreux applaudissements, menant eux-mêmes à plusieurs rappels. Salut humble, respectueux, sans artifice, cachant sa personne et son personnage à la fois. A la manière d’un vieux corbeau noir, Gaspard, nous fascine et suscite l’espoir, non sans gloire (oui, ça fait trop, mais tant pis). S’en suivra une déambulation dans les rues de Rennes, en passant par la Rue de la Soif (monument rennais incontournable), en se remémorant les quelques blagues les plus marquantes de l’artiste qui resteront encore présentes à l’esprit deux semaines plus tard.

Clara Chamoux

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