2016 : le mal du siècle (2/2)

Nous prolongeons ce mois-ci notre review des sorties musicales de 2016 avec cette fois-ci deux albums qui valent le coup d’oreille. C’est parti. Youpi !

De La Soul – « and the Anonymous Nobody »

Article Avril 1

Après 11 ans d’absence et autant de kilos pris, le trio pionnier du hip-hop bucolique revient avec un album pour le moins attendu par les amateurs du genre. Les trois nounours du rap sont d’ailleurs venus fleurir le Zénith de Paris en décembre 2016 pour célébrer leur come-back. Je n’ai malheureusement pas pu y assister pour cause de dysenterie passagère (ça va mieux merci) mais le concert peut être visionné en intégralité sur le site d’Arte (lien à la fin). Nous commençons l’écoute de l’album en compagnie de la diva Jill Scott, invitée pour prêter sa voix à quelque vers parlés (dommage quand on connait les capacités vocales de Mrs. Scott). La suite du recueil nous livre un arsenal très hétéroclite de morceaux tels que « Pain », hip-hop groovy assuré par la collaboration de Snoop Dogg (qu’est-ce qu’on attend ?), « Royalty Capes », titre sur lequel les voix du trio sont accompagnées de cuivres à la fois smooth et claironnants. Cet opus compte une grande liste de guests venant renforcer cet aspect hétéroclite. Alors que la contribution de Snoop, Jill Scott, Estelle, Usher ou Pete Rock n’est pas surprenante, d’autres invités semblent constituer un choix audacieux de la part du trio. Chanteur et guitariste du groupe de hard-rock The Darkness, Justin Hawkins accompagne De La Soul de sa voix aigüe et grinçante et de sa guitare à la Van Halen sur « Lord Intended », créant ainsi un choc culturel pour le moins étonnant. Dès la fin des années 80, le trio originaire de Long Island a su se démarquer des autres artistes hip-hop, aussi bien west que east coast en adoptant un style moins sombre et moins gangsta. Cette tendance à rechercher l’originalité semble ne pas les avoir quittés. Ce nouvel album très instrumental et bigarré se trouve donc être un come-back réussi, venant un peu redorer le blason du rap en ces temps où le genre est représenté par des merdeux sans saveur que je ne citerai pas de peur de vexer Iggy Azaelia. Pour visionner le concert en intégralité : http://concert.arte.tv/fr/de-la-soul-au-zenith-de-paris

Childish Gambino – « Awaken, My Love ! »

Article Avril 2

Avec « Awaken, My Love ! », Donald Glover nous livre sous son pseudo musical « Childish Gambino » la pierre angulaire de sa carrière en tant que musicien. Le mec est en effet un vrai caméléon de l’art, un Shiva de l’entertainment. Principalement connu pour son rôle dans la série « Community », Donald exerce également l’activité d’humoriste, scénariste et DJ. Après le succès modeste de « Camp » en 2011 et « Because The Internet » en 2013, Glover nous embarque dans un trip de 49 minutes, « Awaken, My Love ! ». Ce voyage interstellaire, teinté de couleurs sombres dans les tons bleus, nous fait découvrir le cosmos tel que l’imagine Gambino. Sa musique est si picturale que même Stevie Wonder peut la voir. Cette tempête parfaitement orchestrée débute avec « Me And Your Mama », où la voix déchirante de Donald et la guitare électrique tout aussi trippante semblent résonner du fin-fond d’un trou noir. L’ambiance psychédélique se prolonge ensuite sur « Have Some Love », morceau très inspiré du son Funkadelic, au point qu’on a envie de lancer un « Get to that ! » à chaque fin de refrain. La pochette de l’album peut être vue comme un négatif, une version encore plus psychédélique de la mythique pochette de « Maggot Brain » (encore plus psychédélique que les P-Funk, il fallait le faire !). Bien que tout l’album garde cet aspect de trip sous ecstasy, chaque morceau est une planète possédant sa propre identité, venant ainsi apporter sa propre touche à ce cosmos. Childish nous montre l’étendue de ses capacités vocales en s’amusant à changer sa voix sur certains morceaux. Tandis que sur « Redbone », on a du mal à croire qu’il n’a pas pitché sa voix, il adopte une voix plutôt étrange sur « California », à mi-chemin entre Homer Simpson et Taz des Looney Toons. Avec ce nouvel opus, Donald rend hommage aux grands tels que Sly & The Family Stone, George Clinton & P-Funk ou Prince, tout en apportant sa touche personnelle si particulière. Pour conclure, la drogue c’est pas bien, écoutez plutôt « Awaken, My Love ! ». J’aurais aussi aimé parler de « Black America Again », petit clin d’œil provocateur de Common à Donald Trump, ou de « Black Star » de David Bowie, un testament évident pour ceux qui savaient écouter. Et aussi de « Changes » de Charles Bradley. Et de « We Got It From Here… Thank You 4 Your Service » de A Tribe Called Quest. Enfin bref, on n’a que l’embarras du choix.Le mois prochain je vous proposerai une interview de Raphaël Melki, fondateur du site Schkopi, qui nous parlera de son livre « Purple Fam », le témoignage intime et original d’une addiction à Prince.

Léo Ivorra

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