Les migrants : plongée dans le quotidien des camps

L’année 2016 a connu de nouvelles polémiques quant aux migrations présentes sur le territoire français, et ce depuis de nombreuses années maintenant. Avec le démantèlement de la « jungle de Calais », l’accueil des migrants et leur répartition dans les différentes villes de France crééent un fossé entre les français. Mais qui sont réellement ces migrants, ces personnes qui quittent leur territoire pour rejoindre une terre qu’ils ne connaissent pas ?

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Le camp de Grande-Synthe, à quelques kilomètres de Calais. Un visage. Un visage parmi tant d’autres, perdu dans le flot migratoire. Prendre le temps de s’arrêter sur l’individualité de cette personne. Quelle est son histoire ? Quels sont ses espoirs ? A court terme ils semblent simples : traverser la Manche et aller en Angleterre. Voilà ce que nous dévoile Yolande Moreau dans le documentaire qu’elle a réalisé : Nulle part en France. A travers un film-documentaire, la réalisatrice nous plonge au cœur d’un camp de migrants dans le Nord de le France.

Là-bas, comme dans les autres camps, bordant la route, des tentes jalonnent le paysage. Ce n’est pas un lieu de résidence fixe, c’est plutôt un carrefour, celui de flux redistribués dans le monde. Des migrants venant d’horizons différents mais que l’espoir rassemble, sont présents dans ces camps. Ici, beaucoup viennent du Kurdistan, d’Iran, ou de pays d’Afrique et du Moyen-Orient. Ils fuient leur territoire d’origine pour de multiples raisons : la guerre, la corruption, la misère, le manque d’éducation, et bien d’autres encore. Mais ce qu’ils trouvent durant leur périple ne ressemble en rien à ce à quoi ils s’attendaient. L’accueil qui leur est réservé n’est pas des meilleurs, et leurs conditions de vie ne sont pas luxueuses.

Pour beaucoup de migrants dans le camp de Grande-Synthe, la France ne représente pas le lieu d’arrivé de leur long voyage ; ce n’est qu’un point de passage. Leur grand souhait : rejoindre l’Angleterre. Tout comme une grande majorité de la population locale qui refuse de les accueillir, eux non plus ne souhaitent pas rester ici. « Même si on m’offrait un château en France je ne resterais pas », ces paroles résonnent dans le silence du paysage. Ce que souligne Yolande Moreau, c’est que ces hommes ne désirent pas rester dans les camps, eux aussi subissent cette situation et l’impossibilité de rejoindre la terre d’opportunités que représente l’Angleterre. Ainsi, les migrants multiplient les tentatives pour changer de vie, mais ils se font ballotter de pays en pays sans y parvenir. Voilà aussi pourquoi le camp est un carrefour, c’est ici que les chemins se séparent et prennent une route différente. Certains tentent leur chance et réussissent à passer en Angleterre ; leurs tentes sont laissées vides, à leur place, pour se rappeler de ces personnes qui ont traversé la Manche et atteint les côtes visibles par temps clair.

La scène qui ouvre le documentaire est représentative des trajets effectués par les migrants, depuis le pays qu’ils ont quitté. Pendant quelques minutes, qui semblent longues et durant lesquelles il n’y a pas de traduction, un migrant détaille le périple qu’il a effectué avant d’arriver en France. On comprend mieux alors la longueur du voyage, lorsqu’il explique les flux dans lesquels il a été entraînés une fois arrivé en Europe. Après avoir enchaîné les routes, les sentiers, les barques, les voitures, les trains, pendant de nombreux mois et ce sur des milliers de kilomètres, le périple des migrants ne prend pas fin. Arrêtés aux frontières, ils sont ramenés dans le Sud de la France, puis ils remontent dans le Nord, ou sont envoyés en Belgique, et ensuite rejoignent à nouveau la France, et ainsi de suite.

Les migrations internationales effectuées par les migrants qui changent de continent, néanmoins, ne représentent qu’une faible partie des flux migratoires totaux. Les migrations internes sont très nombreuses dans les pays concernés par les départs de la population, en ce moment en Afrique et au Moyen-Orient principalement. Les migrations que les européens perçoivent sur leur territoire est le miroir des migrations internes, en Afrique par exemple, qui se déroulent dans des conditions aussi mauvaises qu’en France.

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Bien que la question migratoire reste un sujet polémique, certaines associations, telles qu’Amnesty International, mettent en place des concours créatifs pour favoriser l’accueil des réfugiés en France. Faisant appel à la population française, elle invite celle-ci à mobiliser ses talents pour interpeller les pouvoirs publics, et les sensibiliser à l’accueil de plus de réfugiés partout dans le monde.

Pour voir ou revoir le documentaire Nulle part en France : http://info.arte.tv/fr/nulle-part-en-france-de-yolande-moreau

Pour plus d’informations sur le concours organisé par Amnesty International : amnesty.fr/actions/vos-talents-pour-les-refugies

Anaïs Marie