Tampons hygiéniques : quand les protections se révèlent toxiques

Tampon 2

Alors que les tampons existent depuis plus de 50 ans, ce n’est que très récemment que la question de leur toxicité s’est posée en France. En 2016, les chercheurs se sont penchés sur la hausse du nombre de cas de syndrome du choc toxique, liée à l’utilisation de cette protection périodique. Diffusé sur France 5, le documentaire Tampon, notre ennemi intime d’Audrey Gloaguen alerte sur la composition des tampons hygiéniques et les dangers qu’ils représentent pour les femmes.

Alors que les tampons existent depuis plus de 50 ans, ce n’est que très récemment que la question de leur toxicité s’est posée en France. En 2016, les chercheurs se sont penchés sur la hausse du nombre de cas de syndrome du choc toxique, liée à l’utilisation de cette protection périodique. Diffusé sur France 5, le documentaire Tampon, notre ennemi intime d’Audrey Gloaguen alerte sur la composition des tampons hygiéniques et les dangers qu’ils représentent pour les femmes.

Parmi une large gamme de protections les tampons sont très utilisés par les femmes, Philip Tierno, chercheur à l’école de médecine de New-York et lanceur d’alerte, estime qu’ « une femme utilise en moyenne 11 000 tampons au cours de sa vie ». Pratiques au quotidien, ils représentent une forme de libération du corps, mais on ne s’est jamais réellement penché sur leur composition et leur dangerosité potentielle. Alors qu’elle avait pratiquement disparu, depuis les années 2000 les cas de SCT, syndrome du choc toxique, ont fortement augmenté avec l’usage des tampons. Cette infection grave touche les femmes porteuses du staphylocoque doré : la bactérie libère une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang et faire cesser le corps de fonctionner. En effet, le microbiologiste présent dans le documentaire explique que « 20 à 30 % de femmes sont porteuses du staphylocoque doré. Si le fluide menstruel est bloqué dans le vagin par un tampon, la bactérie peut utiliser ce tampon comme milieu de culture et se développer. Elle va libérer une toxine extrêmement dangereuse et déclencher une infection généralisée dont on peut mourir si elle n’est pas prise en charge correctement ».

Tampon 3

Cette infection restant peu connue et mal diagnostiquée, parfois confondue avec une MST*, elle peut s’avérer fatale lorsqu’elle n’est pas traitée à temps. Le documentaire recueille le témoignage de deux jeunes femmes, Margaux 23 ans et Justine 26 ans ayant souffert de cette maladie. Les symptômes sont les mêmes pour toutes deux : épuisement brutal, vomissements, forte fièvre, etc. Les risques de récidive sont élevés, surtout si les femmes continuent d’utiliser ces protections.

Toutefois, l’utilisation accrue des tampons ou encore une évolution de la flore vaginale ne sont pas les seules hypothèses quant à la hausse du nombre de chocs toxiques : la composition semble être une cause non négligeable. En effet, plus un tampon est absorbant, plus le risque est grand et le développement de la bactérie favorisé : non seulement parce que la protection, et donc le sang, est bloquée plus longtemps ; mais également à cause des fibres utilisées pour améliorer l’absorption. Ce problème n’est pas nouveau puisqu’aux États-Unis à la fin des années 70, les « super tampons » Rely avaient été retiré en urgence du marché. Entièrement synthétiques et ultra-absorbants, ils avaient provoqué un choc toxique chez 900 femmes, et causé la mort de plus de cent d’entre elles.

Le risque de choc toxique n’est pas le seul danger des tampons. A l’inverse des autres produits relatifs à l’hygiène comme les gels douches ou les shampoings, la composition n’apparaît pas sur les paquets de cette protection périodique. Néanmoins, des analyses révèlent la présence de produits chimiques dans les tampons. Une étude de 60 Millions de consommateurs met en évidence la présence de dioxine, un des douze polluants les plus dangereux au monde selon l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, et cancérigène avéré. Afin de blanchir les fibres marrons des tampons provenant de la cellulose des arbres, les marques peuvent avoir recours au dioxyde de chlore, qui produit des perturbateurs endocriniens, des dioxines. A l’issue des tests sur six marques, entre vingt et trente composants chimiques ont été retrouvé. Bien qu’ils ne soient présents qu’en faible quantité, les femmes utilisent en moyenne 11 000 tampons dans leur vie, entraînant un cumul de ces produits dans leur corps. De plus, certaines substances absorbées par voie vaginale, dont la dioxine, le sont à des taux 10 fois supérieurs que si elles avaient été ingérées par la bouche, augmentant nécessairement leur dangerosité. D’autres matières à forte toxicité sont présentes : le DEHP, un phtalate, cancérigène interdit en Europe dans les jouets et les cosmétiques, ou encore du glyphosate, un désherbant, et d’autres pesticides. La présence de ces substances néfastes seraient à l’origine de lésions dermiques, de la diminution du système immunitaire, d’endométriose, ou infertilité, et bien d’autres encore.

Face au mutisme des marques, une pétition a été lancée par une étudiante, réclamant à Tampax de rendre visible la composition de ses produits. Il existe également des alternatives aux tampons, dont la cup, ou coupe menstruelle, qui progresse sur le marché des protections hygiéniques.

Pour plus d’informations sur la pétition : https://www.change.org/p/rendre-visible-la-composition-des-tampons-et-serviettes-hygi%C3%A8niques

*Maladie sexuellement transmissible

Anaïs Marie

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