7 raisons d’écouter… « Amicalement Vôtre », le nouvel album de Guizmo

Il fait partie de ces rappeurs au talent brut, Guizmo, de son vrai nom Lamine Diakité, est de retour en cette fin d’année dans un registre plus sombre : le sien. « Amicalement Vôtre » est un album solo de A jusqu’à Z, sans fausse note ni bémol. S’il s’est construit avec les autres, l’entourage notamment, c’est tout seul qu’il est le meilleur. Cette oeuvre-ci est pour moi celle de la renaissance, souillée de douleurs et maculé d’humanité.

Voici 7 raisons d’écouter « Amicalement Vôtre », un saut dans le vide sans se vautrer.

1 – Parce qu’il symbolise le retour du Guiz

Comme nous le disions précédemment, l’artiste, de son propre aveu, à côtoyé les enfers mais s’en est sorti. En 2014 il nous donnait rendez-vous dans 10 ans, ces dernières années nous étions en droit de craindre le pire. Le précédent opus #GPG fut beaucoup trop épars pour en tirer quelconque enseignement. Par ailleurs, le morceau « Attendez-moi » bien que puissant et émouvant nous dévoilait l’image d’un homme ravagé par le chagrin et plus vraiment maître de lui-même ou de sa carrière. S’il n’est pas guéri, l’auteur est cependant sur une voie plus stable, plus lumineuse. A mes yeux c’est ce qu’incarne ce nouvel album, une réussite et une véritable victoire de l’auteur contre ses démons.

2 – Car c’est un album d’humanité

C’est peut-être cet élément qui m’a le plus touché. Dans ses morceaux, Guizmo nous dépeint la vie d’un Homme, entre ses forces et ses failles, sa légèreté et sa complexité. Cet album c’est une oscillation permanente, celle qui rythme la cadence de notre quotidien, celle qui navigue entre les différentes extrémités de notre existence. « Amicalement vôtre » est un portrait authentique de l’artiste, sans ratures ni mauvaises fois et la sincérité qui en émane est bouleversante.

3 – C’est une raison valable pour pleurer sous la pluie

Si le rappeur devenait peintre, nous imaginons sans mal quelles seraient ses couleurs attitrées. Le gris, de sa nuance la plus claire à la plus fâchée. Celle qu’il a choisie pour la pochette, à mi-chemin entre le noir et le blanc, les limbes et le ciel. Comme moi, si vous épousez parfaitement l’univers de l’artiste, cet album secouera vos tripes et perlera vos joues. Alors comme moi si vous voulez l’écouter, privilégiez les jours de pluie.

4 – Parce que l’auteur est un poète.

N’ayons pas peur des mots, Guizmo est un poète du XXIè siècle. S’il ne peut pas prétendre à ce titre alors personne ne doit en être digne. A l’instar d’un Renaud ou d’un Brel, l’artiste nous plonge dans un registre particulièrement nostalgique, privilégiant le fond à la forme. Des textes sans concessions, écris sur l’instant, d’une justesse et d’une pureté remarquables. Ces artistes sont de cette veine qui confirment que c’est en voulant faire le plus qu’on peut le moins et inversement. « Les gens parlent d’amour » est pour moi la chanson idoine pour illustrer ce fait.

5 – Un album universel

C’est un défaut que j’avais tendance à observer chez lui, cette dimension communautaire qu’il peut avoir de la musique. Si la banlieue et ses trafics sont encore des thématiques trop récurrentes dans ces morceaux, l’artiste parvient toutefois à transcender sa condition de « voyou » pour nous emmener au delà. Ainsi, j’aimerai évoquer l’universalisation de ses textes. Là encore, le morceau ; « L’histoire d’un négro » peut parfaitement illustrer mon propos.

Un négro qui tire sur un autre négro mon pote
Et quand j’dis négro j’parle pas des renois
J’parle pas des rebeus, des chinois, des asiatiques
Un négro c’est un re-frè (frère)

Ces lignes sont cruciales car elles fondent l’idée que, à travers cette histoire qu’il nous conte, son message est universel.

6 – Pour écouter de la musique

Je ne m’étendrai pas longuement sur ce point mais, c’est assez rare pour être noté, j’ai beaucoup apprécié la musicalité se dégageant de certains morceaux. Si elles ne configurent pas la réussite ou non d’un album de rap, les instrumentales m’ont semblé suffisamment convaincantes pour être soulignées.

7 – Parce qu’il s’agit d’un « égoprisme »

Finalement si ce dernier opus peut vulgairement être qualifié d’égotrip, prendre cette tangente serait une critique bien peu exhaustive de ce que demeure « Amicalement vôtre ». De saines retrouvailles entre l’artiste et son public ne pouvaient se dérouler sans franche mise au point. Par ce choix courageux de nous exposer ses brisures et ses failles, c’est désormais chose faîte. Sans compromis, cet album est un bijoux. Si en sortir indemne est impossible, s’en priver me semble bien plus terrible.

Benjamin Haran