Le fascisme et le nationalisme peuvent-ils être les mêmes que dans les années 30 ? (1/2)

Dimanche 27 novembre : Giuseppe Conte refuse le poste de Premier ministre, étant dans l’impasse de former un gouvernement avec les deux principales nouvelles forces politiques italiennes, la Ligue, parti d’extrême droite, et le mouvement 5 Etoiles, parti eurosceptique. En crise, l’Italie n’a d’autre choix que d’organiser de nouvelles élections, mais cela laisse la place à la Ligue d’arriver au pouvoir ; dans le même temps, les partis d’extrême-droite en Europe reviennent sur le devant de la scène. Dans certains pays, cela rappelle la montée du fascisme dans les années 20-30. Cependant, peut-on vraiment comparer les partis fascistes des années 30 à l’extrême-droite d’aujourd’hui ? C’est ce que nous allons voir dans cette première partie.

I – 1930 : le fascisme s’étend en Europe

Tout d’abord, qu’est-ce que le fascisme ? : « C’est un système politique autoritaire qui associe populisme, nationalisme et totalitarisme au nom d’un idéal collectif suprême. Mouvement révolutionnaire, il s’oppose frontalement à la démocratie parlementaire et à l’État libéral garant des droits individuels. » [1] En Europe, le fascisme devient un régime important dans les années 30 mais il apparaît dès 1925 en Italie avec Benito Mussolini.

Après la fin de la Première Guerre mondiale, l’Italie, dans le camp des vainqueurs, se sent trahie lors du traité de paix car elle n’obtient pas les territoires qu’elle souhaitait. De plus, certaines difficultés économiques et un gouvernement faible permettent à Mussolini d’accéder au pouvoir avec l’appui des faisceaux italiens, un groupe paramilitaire de son parti. Rapidement, il impose le parti Fasciste comme le seul d’Italie et n’hésite pas à écarter les autres de la scène politique ; il utilise ses squadristi (les fameuses chemises noires) afin d’évincer tout mouvement de protestation de la part des opposants (socialistes, communistes…). L’objectif de Mussolini est clair : il veut récupérer les anciennes terres méditerranéennes ayant appartenu à l’empire Romain afin de rassembler tout les Italiens sous une même et grande nation.

Ainsi, l’Europe possède son premier dictateur en la personne de Mussolini. A la même période, chez leurs lointains voisins allemands, la situation est au plus mal. Grande perdante de la Première Guerre mondiale avec l’Autriche-Hongrie et l’empire Ottoman, l’Allemagne est humiliée par la France et la Grande-Bretagne. Elle doit payer de lourdes indemnités, réduit son armée à seulement 100 000 hommes et la Rhénanie (la frontière entre la France et l’Allemagne) est démilitarisée. Ces différents éléments jugés humiliants, amènent à la création du NSDAP par Adolf Hitler en 1920, parti qualifié d’extrême droite.

Hitler imite Mussolini et crée sa propre armée de paramilitaires: les SA (les chemises brunes). Après son putsch raté en 1923 qui a pour conséquence l’emprisonnement de ce dernier, le NSDAP arrive au pouvoir en 1933. Hitler est nommé chancelier par le président Hindeburg. Au cours de cette même année ce dernier décède, et comme le veut la loi, c’est au chancelier d’exercer le pouvoir temporairement. Ainsi le Führer, titre qui lui sera donné par la suite, en profite pour modifier la loi et fusionne la fonction de chancelier avec celle de président, lui donnant le pouvoir à vie. Par la suite, Hitler imite Mussolini et développe sa propre vision du fascisme : il interdit tout autre parti en Allemagne et fait du sien le seul parti légal, il s’appuie sur ses SA pour écarter l’opposition, les dissidents, ainsi que les Juifs. Hitler met également en place les fameuses jeunesses Hitlériennes et veut réunir tout les Allemands au sein d’une même nation afin de leur redonner un espace vital décent.

Hitler et Mussolini se rejoignent sur plusieurs points ; ils s’appuient tous deux sur une milice forte et une répression très importante afin de faire respecter leur parti respectif et écarter les mouvement dissidents. Aussi, les deux souhaitent redonner une certaine gloire à leur nation et reconstituent pour cela divers territoires qui naguère, leurs ont appartenu . Ils s’opposent farouchement à l’idéologie communiste ; l’Allemagne va néanmoins plus loin en déportant les partisans communistes allemands, créant ainsi le premier camp de concentration. L’une des différences notables, c’est la haine qu’Hitler témoigne contre les Juifs et la considération d’un peuple allemand au dessus de tout, la race Aryenne de surcroît. Par la suite d’autres dictatures vont se former comme l’Espagne Franquiste à la suite de la guerre civile de 1936 ou encore la France de Vichy. Cependant, les historiens se disputent sur ce sujet pour savoir si elles peuvent être vraiment considérées comme des dictatures fascistes ou non.

[1] Wikipédia, le fascisme

Victor Faucon

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2 réflexions sur “Le fascisme et le nationalisme peuvent-ils être les mêmes que dans les années 30 ? (1/2)

  1. article court qui résume avec brillance la violence du fascisme d’avant et dans le fourre tout de celui d’aujourd’hui nationaliste, populiste mais surtout xénophobe.

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  2. Très bonne première partie qui dresse une vision claire et bien définie des racines et enjeux du fascisme. Il est juste dommage qu’au début de l’article la définition du terme « fascisme » soit tirée de Wikipédia… même si celle ci est très compréhensible, avoir pour source Wikipédia fait souvent mauvaise impression… (enfin peu professionnel… alors que votre article est très bien!)

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