Le fascisme et le nationalisme peuvent-il être les mêmes que dans les années 30 ? (2/2)

2016 : le monde entier est sous le choc en voyant la victoire de Donald Trump. Faisant partie des Républicains, Trump est qualifié d’ « extrême » à cause de ses idées et de son langage cru ; dans le même temps, en Europe les partis d’extrême-droite arrivent sur le devant de la scène. Dans certains pays, cela rappelle la montée du fascisme dans les années 20-30. Cependant, peut-on vraiment comparer les partis fascistes des années 30 à l’extrême-droite d’aujourd’hui ? C’est ce que nous allons continuer de voir avec ces deux derniers points.

II – Un retour de l’extrême droite sur le devant de la scène politique

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le fascisme disparaît de la scène politique : l’Allemagne est scindée entre démocratique et communiste pendant que le royaume d’Italie s’effondre pour laisser place à la république d’Italie. Il ne reste que l’Espagne Franquiste qui perdura jusqu’en 1975, date de la mort de Franco et de la transition démocratique espagnole. Même si le fascisme a disparu, les partis d’extrême droite ont continué de perdurer. Nous pouvons prendre le cas du « Front National » en France dont la création date de 1972, « la Ligue du Nord » en Italie créée en 1989 ou encore « l’Alternative pour l’Allemagne » qui apparaît en 2013. Quelle est la ligne politique de ces partis d’extrême droite ? Même si certains points peuvent varier en fonction du pays, les partis se retrouvent sur plusieurs points, à savoir : une politique anti-immigration renforcée, une sortie de l’Europe et un renforcement de l’identité nationale, et une xénophobie plus ou moins affichée.

Durant la suite du XXe siècle, l’extrême droite reste en retrait se limitant seulement au niveau local lors des élections. Le premier grand retour a lieu en 2002 en France, quand le candidat du Front National, Jean-Marie le Pen, se retrouve au second tour présidentiel face au candidat Jacques Chirac qui va l’emporter largement. Par la suite, le Front National se classera quatrième en 2007, troisième en 2012 et se retrouvera au second tour en 2017. En 2008 a lieu un nouveau crash boursier à Wall Street, le coup est moins dur qu’en 1929 mais le monde se retrouve dans une nouvelle crise économique. L’extrême droite va se servir de cela pour discréditer les gouvernements en place et acquérir des adhérents. En 2014, l’État Islamique gagne en puissance et commence à commettre des attentats en Europe. Cela amène à une peur de la part des Européens et l’extrême droite en profite pour renforcer le sentiment de rejet des immigrés. Depuis, l’extrême droite a fait d’énormes percées dans différents pays européens. Comme mentionné plus haut, le FN est souvent présent dans le trio lors des élections présidentielles et ses députés sont aussi plus nombreux au sein de l’assemblée. En Allemagne, le parti « l’Alternative pour l’Allemagne » est le premier parti d’extrême droite à faire son entrée au Bundestag depuis 1945. Ses députés occupent actuellement 92 sièges sur 709, ce qui en fait le troisième parti le plus important au Bundestag. En Italie, « la Ligue du Nord » (rebaptisé depuis peu Ligue) fait jaser : le parti d’extrême droite italien a obtenu de nombreux sièges à l’assemblée (123 sur 630) devançant ainsi le parti de droite de Berlusconi : Forza Italia. J’aurais pu également parler du parti FPÖ en Autriche qui, en 2016, a failli devenir le premier dirigeant d’extrême droite d’un pays européen.

Si les partis d’extrême droite ne sont pas au pouvoir dans les pays européens, ils sont de plus en plus présents dans l’échiquier politique et peuvent prétendre jouer les trouble-fête au sein des gouvernements actuels.

III – Fascisme des années 30 et extrême droite d’aujourd’hui : même but ?

Lorsqu’un parti d’extrême droite frôle le pouvoir, le peuple panique et appelle souvent à faire barrage avec le vote utile ; mais l’extrême droite d’aujourd’hui est-elle vraiment le fascisme des années 30 ?

Les deux ont au moins un point en commun : une aversion pour les étrangers et mettre les personnes du pays en avant. Ils veulent ainsi mettre leur pays en avant. La différence est qu’Hitler et Mussolini voulaient restaurer l’ancienne gloire de leur pays, alors que les partis d’extrême droite cherchent avant tout à sortir de l’euro et à redonner une identité propre à leur pays. La différence notable est qu’une fois qu’ils sont arrivés au pouvoir, Hitler et Mussolini ont imposé leur parti à tout le monde, interdisant les autres partis. De plus, ils pouvaient s’appuyer sur leur milice paramilitaire pour faire respecter l’ordre. Les partis d’extrême droite ne possèdent pas de milice, et si jamais l’un d’eux devaient arriver au pouvoir, il lui serait difficile d’écarter les autres partis de la scène politique. Par ailleurs, en ce qui concerne l’époque actuelle, il est dur d’imaginer des pays comme la France ou encore l’Allemagne, envoyer des adversaires politiques dans des camps comme l’avait fait Hitler avec les communistes.

En soi, l’extrême droite est moins virulente que le fascisme. Cependant, certains partis d’extrême droite comme celui de Suède, « Les Démocrates de Suède », ne cachent pas que la création de leur parti tire leurs sources du mouvement néo-nazi ; même cas pour le parti grec « l’Aube Dorée », qui, rejetant le lien avec le néo-nazisme, aborde tout de même un logo similaire à la croix gammée de l’Allemagne nazie.

L’extrême droite peut-elle vraiment devenir un parti important dans les années à venir ? Rien n’est moins sûr car, comme l’a dit l’historien Thucydide : « L’histoire est un perpétuel recommencement. »

Victor Faucon