G-Eazy face à un Zénith enflammé

©Lola Desmole, Le Halo Magazine

Le rappeur américain G-Eazy était de retour à Paris dimanche 27 mai et cette fois c’est sur la scène du Zénith qu’il a mis une ambiance impressionnante.

Avec seulement un passage en France avant celui-ci, le rappeur californien G-Eazy ne pouvait pas s’attendre à un tel engouement dans la capitale, et pourtant, c’était le cas. La notoriété du jeune artiste a commencé à monter avec la sortie de son deuxième album, These Things Happen, en 2014. Alors encore quasiment inconnu en Europe, G-Eazy a percé avec son troisième album, When It’s Dark Out. Il s’est embarqué pour sa deuxième tournée internationale en 2016 qui, cette fois, passait par l’Europe, Paris notamment. C’est dans la petite salle du Trianon, à Paris, que G-Eazy est monté sur une scène française pour faire ses débuts devant un public français – des places que ces derniers ont seulement payé 30 euros. Cette année, ce prix s’est élevé à 45 euros, ce qui reste abordable. La tournée de cette année reste également petite et le Zénith accueille des Français mais aussi des fans venant de pays européens où le rappeur ne se produira malheureusement pas. Et pourtant, la salle n’est pas remplie.

Un début pas comme les autres

Il fait près de 30 degrés en cette fin de dimanche, et à 15 heures des centaines de fans sont déjà assis à attendre l’ouverture des portes. Ces dernières se sont ouvertes à 18 heures et avec une organisation assez impressionnante, les premiers ont commencé à courir pour se retrouver le plus près possible de la scène. Le concert débute à 19 heures, il reste donc une heure à attendre. Debout, sans ventilation, sous les projecteurs de la salle et avec un ou deux verres d’eau distribués par la sécurité, l’heure s’annonce longue.

A 19 heures exactement, un DJ arrive sur scène – une surprise pour le public qui s’attendait à voir la première partie de G-Eazy, le rappeur américain Yung Pinch. Le début des 45 minutes les plus gênantes d’un concert débute. Effectivement, pendant trois quart d’heures, le DJ de Dadju, chanteur congolais connu pour son titre “Bob Marley”, se produit sur une scène avec de nombreux problèmes techniques. Très rapidement, les basses de la salle résonnent et on n’entend plus ni le DJ, ni les chansons. Le public se divise entre ceux qui se bouchent les oreilles et ceux qui interpellent la régie du concert en criant, « Baisse les basses ! », ou encore « On n’entend rien ! ». Pendant 45 minutes, le public se regarde d’un air confus, personne ne bouge, personne ne danse.

Enfin, à 20 heures, c’est Yung Pinch qui arrive. Le jeune rappeur de seulement 21 ans arrive à mettre l’ambiance malgré un début de concert difficile. Avec des cheveux qui lui arrivent au milieu du dos et ses mimiques enfantines, le rappeur ne peut que faire sourire. Son DJ, également présent sur scène, fait le chauffeur de salle et le public joue bien le jeu. Pendant une bonne demi-heure, l’artiste sautille sur toute la scène et livre une première partie digne de G-Eazy.

g eazy concert
©Lola Desmole, Le Halo Magazine

Une ambiance hystérique

C’est à 21 heures pile que G-Eazy arrive sur scène. Le public est hystérique et, dès la première phrase, le rappeur a à peine besoin de rapper tant tout le public connaît les paroles. A plusieurs reprises tout au long du concert, le rappeur affirme que Paris n’est autre que sa ville préférée et que, s’il le pouvait, il ne partirait jamais – bien évidemment cela ne fait qu’enflammer un peu plus le public. A chaque nouvelle chanson, la fosse bouge de plus en plus et l’ambiance ne fait que s’améliorer.

Après un faux départ, G-Eazy revient encore plus en force et demande au public de créer un “moshpit”. Ce concept de “musique sauvage” force la fosse à faire un espace au milieu pour ensuite courir les uns vers les autres tout en poussant et en dansant. En quelques secondes, la fosse perd pied et plus personne ne contrôle plus ses mouvements. Quelques mimiques provocatrices du rappeur à l’attention des filles et plus rien ne peut calmer l’hystérie générale. Pas un seul son n’est chanté par le rappeur seul. La salle est infatigable.

Malgré des textes souvent grossiers et parfois superficiels, G-Eazy prend quelques secondes pendant le concert pour rappeler ses valeurs sur la vie et pour remercier ses fans. Il dit même se sentir chanceux de pouvoir « être sur scène en bottines Yves Saint Laurent. »

La fin approche et le rappeur chante ses plus grands tubes, notamment “Him & I”, un featuring avec sa petite amie, Halsey. Des milliers de voix, toutes en harmonie, font sourire le rappeur qui prend quelques secondes pour admirer son public avec un regard émerveillé. Collés les uns aux autres et submergés d’une chaleur oppressante, c’est le sentiment d’être dans un autre monde qui prend le dessus.

C’est donc avec une chemise presque entièrement ouverte, un charme débordant et un visage trempé de sueur que le rappeur tant aimé conclu son concert peu après 22 heures. Avec une setlist de 26 chansons, le rappeur a satisfait son public et le concert n’aurait pas pu être un plus gros succès. Cette tournée européenne est importante pour G-Eazy ainsi que pour sa carrière grandissante. Son succès international, surtout au sein de l’Europe, est réellement testé pour la première fois. En ce qui concerne Paris, on peut dire que le succès est bel et bien confirmé.

Lola Desmole