Ocean’s 8 : un quatrième opus à la hauteur

L’histoire, on la connait tous. Les Ocean’s : brigands, malfrats, voleurs, farceurs, charmeurs, etc. La liste est longue. Inlassablement, à 11, 12, 13 peut-être 8 ; le frère ou la sœur, ils font « ce truc », « Leur Truc » : dérober. Toute en arabesque, plan élaboré avec finesse, Debbie Ocean prend la suite de son frère. Un tout nouveau braquage réalisé avec classe et distinction aux côtés de ses 7 acolytes.

Avec Ocean’s 8, Gary Ross prend des risques. Onze ans après la trilogie mythique réalisée par Steven Soderbergh, il tente de ramener à la vie cette ambiance particulière et mystique. Ainsi, les amoureux du genre Ocean’s et les nostalgiques de la belle époque devraient s’en délecter. Attention tout de même à la comparaison mal placée, au parallèle trop pointu et à l’assimilation piégeuse. Ocean’s 8 n’est pas de la même plume que ses confrères. Et, s’y méprendre serait tomber trop facilement dans une mélancolie malsaine.

Avec Ocean’s 8, Gary Ross prend donc des risques, mais assumés. Dès le début, il met au parfum ses fans les plus avertis : le scénario sera semblable, touches personnelles à la hausse. Ainsi, on l’attend justement sur sa façon de rejouer l’histoire sans l’amocher. La magnifier. Puisqu’il se risque à cette tâche, on exige de lui un casting, un jeu et une réalisation à la hauteur des premiers opus. Un pari risqué mais réussi.

Regardons de plus près. Ross allie sans cesse clin d’œil au passé et novations cinématographiques. Il manie donc à la perfection le langage Soderbergh tout en se perdant volontiers dans les abysses du renouveau. Sans tâches, il emploie la modernité. Décomplexé, il ose les références en tout genre. Futé, il s’appuie sur le passé pour s’élever. On apprécie alors l’écho ultra présent. Le miroir Ocean’s. On attend la prochaine allusion à un frère perdu. Parents lointains, égarés dans le milieu. On s’émeut devant l’intervention d’anciennes figures propres à la trilogie (Elliott Gould en Reuben Tish et Shaobo Qin en Yen). Et, face à ce jeu d’acteur à la hauteur : on en redemande.

Justement. Huit actrices, admirables. À leur façon, elles s’approprient leur nouvelle identité. Sans mal, elles incarnen, à la perfection leur personnage. Tout y est : Mimiques, gestuelle, expressions, etc. Ici encore, Ross prend des risques. Associer à l’écran huit actrices si présentes vocalement, physiquement et visuellement, peut être dangereux. Mais là est le talent de ces dames. Chacune interprète son personnage sans étouffer l’autre. Au contraire, elles éduquent leur image à la complémentarité, enchainent faits et gestes dans une danse harmonique, sans faux pas. Véritable plaisir pour le spectateur : délecté.

Ocean’s 8 mérite ainsi d’être apprécié à sa juste valeur. Il s’agit d’appréhender le métrage sous le bon angle afin d’en recueillir ses qualités. Réalisé avec succès, vous tombez sous le charme de ces femmes. Vous vous laissez aller au rire, à la plaisanterie. Vous arrivez à lâcher prise, seulement pour profiter de ce spectacle malin que nous offre Debbie (Sandra Bullock) et son associée (Cate Blanchette). À la fin, vous retombez dans les filets Ocean’s, prêts à incarner à nouveau le spectateur et le complice de ces huit braqueuses.

Alice Gapail

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