La musique dans le cinéma : un duo en perpétuelle évolution

La musique et le cinéma sont deux arts bien différents mais qui, une fois combinés, peuvent donner un rendu plutôt intéressant. Sur grand écran, par comédie musicale on entend un spectacle de divertissement, bâti sur un scénario dans lequel la musique, le chant et la danse tiennent une place de choix.

La comédie musicale est née avec le cinéma parlant, et Le Chanteur de jazz d’Alan Crosland en fut la première manifestation en 1927. Les années 30 ont connu l’essor du genre et nombreux sont ceux qui considèrent qu’il n’a jamais connu une telle vitalité depuis. A cette époque, les comédies musicales offraient au public de la Grande Dépression le rêve et l’évasion dont ils avaient besoin. À partir des années 60, Hollywood ne cesse d’enchaîner les sorties de films musicaux. Les grands succès sont le plus souvent adaptés de spectacles de Broadway, notamment West Side Story en 1961 ou encore Grease en 1978.

Le cinéma d’animation n’hésite pas à profiter du succès de ces films, notamment Disney et Warner Bros qui s’essaient à la création de courts métrages animés et musicaux. En 1993, Disney innove encore un peu plus en produisant une comédie musicale animée en volume, en « Stop Motion », L’Étrange Noël de monsieur Jack, réalisé par Henry Selick. Au fil des générations, la musique a su trouver sa place dans les films d’animations, entre autres avec La reine des neiges en 2013 ou encore dans Coco, où un jeune garçon a pour rêve ultime de devenir musicien, sorti en 2017.

La musique, essentielle dans les comédies musicales, mais pas seulement..

Pas uniquement aux États Unis mais aussi en Italie ou encore en Allemagne, le film musical est très courant avant la Seconde Guerre mondiale, mais se raréfiant par la suite. Quant à la France, dans cette même période, la comédie musicale est surtout représentée par le réalisateur Jacques Demy. Il connaîtra un vrai succès avec Les Parapluies de Cherbourg, une projection intégralement musicale et dont tous les dialogues sont chantés. Il marquera d’ailleurs un tournant dans l’histoire du film musical. La Mome, long métrage biographique retraçant la vie d’Edith Piaf, demeure sûrement le plus culte. Les biopics, comme on les appelle aujourd’hui, sont consacrés au récit romancé de la carrière d’artistes, et même aujourd’hui ce genre connaît toujours un certain succès. Bohemian Rhapsody, long métrage britannico-américain revenant sur la vie et la carrière du chanteur de rock britannique Freddie Mercury et de son groupe Queen, en est l’exemple le plus récent.

 

A notre époque, de nouveaux films musicaux voient le jour chaque année, ce qui confirme que ce genre ne s’essouffle pas. Mamma Mia, Here We Go Again, suite mais également préquelle du film Mamma Mia sorti en 2008, en est la preuve. Le film s’inspire des chansons du groupe suédois ABBA et a reçu des critiques globalement positives. Ce genre aura même permis à certains acteurs de se trouver un talent pour la musique, tel qu’on a pu le voir pour Ryan Gosling et Emma Stone dans La La Land, ou encore avec Hugh Jackman dans The Greatest Showman. A l’inverse, la jeune chanteuse Lady Gaga de son vrai nom Stephani Germanotta, fut une véritable révélation comme actrice dans le film A Star is Born, aux côtés de Bradley Cooper. Son personnage Alli, est propulsé sur le devant de la seine et devient une artiste adulée par le public, histoire presque biographique traitant du parcours de la chanteuse. Ce genre de films représente un véritable défi pour ces acteurs mais prouve également que les deux arts peuvent s’avérer parfois intimement liés.

Une tendance qui se démocratise ?

Il est clair qu’elle ne passe pas inaperçue dans nos salles de cinéma. Cette approche s’est largement démocratisée et devient beaucoup plus accessible à tout type de public. Bien sûr, les productions devront veiller à ce que le genre ne s’essouffle pas, qu’il ne devienne pas un « trop” dans le cinéma. Les dernières sorties en date, A Star Is Born ou Bohemian Rhapsody, ont connu un tel succès qu’il est pour le moment difficile d’imaginer une certaine lassitude du public.

Néanmoins, certains facteurs sont toujours susceptibles de rendre un film mauvais. Des attentes trop hautes, un réalisateur pas à la hauteur, un mauvais casting ou des musiques pas assez accrocheuses. De nombreux éléments rentrent désormais en ligne de compte. Espérons que cela ne sera pas le cas pour les films prévus en cette année 2019, entre autres l’adaptation du musical de Brodway, Aladdin, ou encore une nouvelle version de West Side Story sur laquelle Steven Spielberg aurait des vues. D’après le magazine américain Variety, 2019 sera l’année des films musicaux, bien plus que 2018 ne l’a été. Impossible de savoir lesquels seront un échec et lesquels connaîtront un grand succès, une chose est sûre, les films musicaux sont loin d’avoir prononcé leur dernier mot.

Marion Gardes