Partis, piège à abrutis ?

© Salomé Taverne-Antoine / Le Halo Magazine

L’histoire des partis politiques, une série d’articles

À un mois du premier tour des élections européennes, la France reste empêtrée dans une crise politique inédite qui remet en cause le tableau originel d’une élite dirigeante. Aujourd’hui, à l’égard des différentes démonstrations de force du gouvernement sinon de volonté d’impressionner ses opposants, le rapport de force semble s’inverser lorsque celui-ci pose la question de la démocratie.

Ces revendications, portées notamment par le mouvement des « Gilets Jaunes », doublent cette difficulté politique d’une crise sociale. Porteur des maux d’une Cinquième République vacillante depuis de nombreuses années déjà, le peuple manifestant songe à repenser la démocratie et à la transformer en profondeur. Tandis que de nombreuses listes qui se réclament de la gauche se composent pour les élections européennes, celle-ci n’a pourtant jamais été autant divisée. Certains de leurs leaders ou candidats clament au scandale de voir le groupe La République en Marche (LREM) ou encore le Rassemblement National (RN) grands gagnants de ces élections et jurent de se constituer comme un rempart contre le fascisme et le libéralisme. À l’égard d’une Europe secouée et accablée par une vague populiste de plus en plus forte, la Hongrie de Viktor Orban ainsi que les divers mouvements d’extrême droite d’Europe – nous pouvons citer Vox en Espagne, la Ligua de Salvini en Italie et le RN en France –, seraient en effet en mesure de remporter ces élections.

Dans ce semblant de paradoxe où des mouvements anti-Europe afficheraient de bons scores lors de ces prochaines élections européennes, se pose la question, pour les citoyens européens, de savoir qui élire. À l’image d’un président français élu à 24% seulement des suffrages exprimés, on ne peut nier le brio avec lequel le jeune et dynamique Emmanuel Macron l’a emporté. En transformant ainsi le champ politique français et en rafraîchissant le pays de sa classe politique vieillotte – ce pourquoi on l’a élu, n’ayant eu expressément de programme, sinon peu convaincant –, la question de la classe politique et du sens de la démocratie en France se formulent enfin. De plus, comment un parti vieux d’un siècle comme le Parti Socialiste (PS) (NDLR : 1905) a-t-il pu faire seulement 6,36% aux dernières élections présidentielles, tandis que LREM remportait l’Élysée après seulement un an de création ? Ou, plus largement, comment un homme, en un mandat, a-t-il conduit à l’explosion de tout un parti ?

Une question se pose : « Partis et politiques sont-ils « tous les mêmes » ? », comme on l’entend souvent dire ? Et, plus largement, le vote a-t-il encore un sens ? Le philosophe, romancier et dramaturge français Alain Badiou soulevait déjà, en 2007, la question de l’utilité du vote et sous-entendait le choix de l’abstention. Si, pour l’auteur, il faut « voter ou réinventer la politique », les citoyens français semblent lui avoir tendu une oreille attentive. Pendant plusieurs semaines, Le Halo Magazine vous propose une série d’articles qui auront pour but de vous éclairer sur les différents partis politiques présents en France. Depuis leur origine jusqu’à aujourd’hui, nous vous décrivons dans ce dossier l’histoire des partis politiques de l’hexagone.

Victor Penin