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La gauche d’hier à aujourd’hui : quelles ambitions ?

Le 4 avril 2019, l’Emission politique rassemblait les têtes de listes des principaux partis politiques français en lice pour les élections européennes du 26 mai. La division au sein de la gauche française a semblé plus éclatante que jamais. Génération.s, Europe Ecologie les Verts et Place Publique/PS prônent les mêmes valeurs fondamentales. Pourtant, ils ne parviennent pas à faire bloc uni pour les défendre. En résulte l’indéniable faiblesse de la gauche. Face à cette situation les électeurs de gauche se trouvent dans l’embarras.

Histoire de la gauche en France : socialisme, communisme, écologisme

Le 4 avril 2019, l’Emission politique rassemblait les têtes de listes des principaux partis politiques français en lice pour les élections européennes du 26 mai. La division au sein de la gauche française a semblé plus éclatante que jamais. Génération.s, Europe Ecologie les Verts et Place Publique/PS prônent les mêmes valeurs fondamentales. Pourtant, ils ne parviennent pas à faire bloc uni pour les défendre. En résulte l’indéniable faiblesse de la gauche. Face à cette situation les électeurs de gauche se trouvent dans l’embarras.

Pour apporter un éclairage sur les évolutions qu’ont subis les partis de gauche, il s’agit de revenir à leurs fondements. L’histoire de la gauche et de l’extrême gauche n’est, de fait, pas linéaire. Elles tirent leurs racines dans le socialisme, héritier du mouvement ouvrier né au XIXe siècle. Le dictionnaire Larousse définit le socialisme comme une “théorie visant à transformer l’organisation sociale dans un but de justice entre les hommes au plan du travail, de la rétribution, de l’éducation, ou encore du logement”. Effectivement, à la fin du XIXe siècle, la propagation de la révolution industrielle voit l’émergence croissante d’activités ouvrières, impliquant une main d’oeuvre assujettie à de pénibles conditions de vie. Des penseurs pionniers de cette pensée socialiste tels Fourrier, Pierre Leroux, Blanqui ou encore Proudhon, s’opposent des théories divergentes, mais tous s’accordent pour refuser l’opposition entre classes bourgeoises et classes laborieuses, constatant et condamnant la domination de la première par la seconde. Des mouvements socialistes multiples se créent, à l’origine des soulèvements révolutionnaires qui ont rythmé le XIXe siècle français : les insurrections de 1830, de 1848 et la Commune de Paris en 1871 sont autant d’expressions d’un désir révolutionnaire de réorganisation de la société. L’émergence en Europe des théories de Marx  amorce le projet du communisme, à vocation internationale. De fait, l’Association Internationale des Travailleurs, puis l’Internationale ouvrière tentent d’organiser le mouvement à l’échelle internationale. En 1902 sont créés le Parti Socialiste Français de Jean Jaurès et le Parti Socialiste de France de Jules Guesde, première étape vers une unification du socialisme français. Le début du XXe siècle est donc le moment pour ce mouvement, révolutionnaire par vocation, de préciser et d’unifier son projet d’une société radicalement nouvelle. De fait, à la fin du XIXe siècle, “socialisme”, “collectivisme”, “communisme”, sont tous synonymes, se référant à la révolution prolétarienne destinée à en finir avec les moyens privés de production et le système capitaliste. Ces concepts et idéologies vont connaître des redéfinitions à l’aune des évolutions des partis politiques de gauche.

1905-1920, union et division de la gauche française

L’Internationale ouvrière, la voie de l’union

En 1905, les mouvements socialistes s’unissent dans la Section Française de l’Internationale ouvrière, créant un parti révolutionnaire et internationaliste, ayant le communisme pour objectif, et refusant toute compromission avec le pouvoir bourgeois. L’avantage est donné  à la “lutte des classes”. Au congrès de la salle du Globe qui crée le parti socialiste, il est affirmé : “le parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d’échange, c’est à dire de transformer la société capitaliste en société collectiviste ou communiste et pour moyen l’organisation économique et politique du prolétariat”. L’action de classe doit être la boussole du parti unifié.

La Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO)

Jaurès, brillant orateur, s’affirme comme la voix de la SFIO. Son journal l’Humanité, créé en 1904, sert de tribunes aux voix socialistes. Il réussit à faire la synthèse entre les diverses tendances socialistes : il s’agit de tendre vers le collectivisme, par des moyens occasionnels comme la grève générale, en agissant pour l’accomplissement de perspectives immédiates : le combat parlementaire et l’action syndicale revendicative. Aux élections de mai 1906, 51 députés de la SFIO entrent à l’Assemblée nationale. Alors que le premier conflit mondial menace d’éclater, Jean Jaurès prend la tête du mouvement pacifiste en France  et à l’Internationale socialiste. Au lendemain de son assassinat et de la déclaration de guerre, la SFIO se rallie finalement à l’Union sacrée. Aux élections de 1919, la SFIO échoue : le nombre de sièges passe de cent à soixante-huit.

Communisme et socialisme, deux voies distinctes

Au congrès de Tours, en 1920,  la majorité du parti socialiste adhère aux vingt-et-une conditions d’entrée dans l’Internationale communiste fondée deux ans plus tôt par Lénine, créant le Parti Communiste. Les minoritaires, restés au Parti Socialiste, refusent le bolchevisme sans toutefois remettre en cause la doxa marxiste. Les communistes, dès lors, considèrent les membres du Parti Socialiste en ennemis de classes, “social-traîtres” ou “social-fascistes”, alors que Léon Blum réaffirme les principes du socialisme révolutionnaire, y compris la dictature du prolétariat. L’année 1920 est donc celle de la distinction entre le Parti Communiste, qui reste fidèle à Moscou, et le Parti Socialiste. La révolution russe et son influence en France est à l’origine de la scission interne.

Le Parti Communiste,  un déclin inéluctable ?

L’histoire du Parti Communiste français (P.C.F) est intrinsèquement liée à celle du mouvement communiste mondial, longtemps dirigé par Staline. De fait, au congrès de Tours de 1920, il s’oriente vers le “stalinisme” qui exerce une autorité institutionnelle, matérielle et intellectuelle. A partir de 1924, la “bolchevisation” érige une véritable “philosophie” de parti. Les nouveaux membres sont initiés à l’histoire et à la doctrine du parti, et on exige d’eux un type de comportement dans tous les domaines de la vie sociale. Règne donc un “esprit de parti” qui habite chaque militant, visant au bonheur communiste. Les communistes sont surveillés par le gouvernement, car voués à la destruction de l’ordre établi, et sollicités par Moscou dans le domaine du renseignement :  Albert Sarraut, ministre de l’Intérieur, affirme le 22 avril 1927 “Le communisme, voilà l’ennemi !”.

La Résistance, apogée du PCF

Néanmoins, les années 1930 sont une période prospère pour le P.C.F.  Face à la montée du péril nazi, le Parti Communiste met en oeuvre une intense activité de propagande. Il peut en effet se targuer d’une double légitimité nationale et internationale, puisqu’il reste intégré au système communiste mondial dominé par Staline. Le début de la Seconde Guerre mondiale ouvre une période sombre pour le PCF : Il est dissous le 26 septembre 1939, puis entre dans la clandestinité. Au nom des intérêts supérieurs du mouvement communiste international, il épouse les intérêts de la politique extérieure soviétique. Le PCF devient l’un des principaux acteurs de la Résistance. A la Libération, fort de cet investissement, il acquiert des places de pouvoir dans tous les domaines de la vie politique et sociale. Il obtient 28,6% des suffrages aux élections législatives de 1946, alors que 800 000 personnes adhèrent au parti. De fait, le PCF se présente à la fin de la guerre comme le parti de “75 000 fusillés”. Cette légende sera rectifiée par les historiens bien après. Jean-Pierre Besse et Thomas Pouty, dans Les Fusillés, répression et exécutions pendant l’Occupation 1940-1944 (éd. l’Atelier), estiment en effet que 4 520 personnes ont été fusillées en France pendant la guerre, dont effectivement 80 % à 90 % de communistes. Le PCF a le soutien de nombre d’intellectuels tel Picasso ou Paul Eluard. Cependant, en 1947 alors que la Guerre Froide débute, Ramadier révoque tous les ministres communistes. L’action communiste internationale vise alors à la lutte contre l’impérialisme et à la bataille pour la paix, menée par le dogme marxiste-léniniste. Dès lors, à partir de 1956, le PCF entre dans la seconde phase de son histoire, une période de crise et d’affaiblissement jusqu’alors jamais résolue. La mort de Staline en 1953 brise la “relation magique d’identification” – selon les mots de Pierre Bourdieu – entre Staline et les militants communistes français qui faisaient de lui leur champion. L’autorité politique doit alors reposer sur d’autres fondements. Son échec dans cette entreprise est la clé d’analyse majeure du déclin du PCF.

Depuis la chute des régimes communistes, le PCF en quête d’identité

Alors que les mondes communistes sont en crise (Chine, Pologne, Tchécoslovaquie), le PCF revendique une voie française : en 1975 le stalinisme est condamné, et le XXIIe congrès du PCF de 1976 revendique l’abandon de la notion de “dictature du prolétariat”. Les intellectuels participent désormais à l’élaboration de la pensée politique du PCF. Jusqu’en 1981, le PCF a conservé un peu plus de 20% des suffrages, mais à l’élection présidentielle de 1981, il recule à 15 %. Les scrutins suivants confirment la tendance. L’effondrement des régimes communistes dans les pays de l’Est entre 1989 et 1991 et les échecs électoraux imposent une redéfinition : en 1994 de nouveaux statuts sont proclamés. L’appartenance au gouvernement de Jospin entre 1997 et 2002 de ministres communistes n’enrayent pas le déclin. Le PCF ne présente pas de candidat aux élections présidentielles de 2012 et 2017, choisissant de se rallier à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Le PCF ne semble donc pas être parvenu à se régénérer au-delà de la décennie 1970. Il n’a pas réussi à s’adapter aux transformations de la société, s’adressant à la “classe ouvrière” alors que de nouvelles couches moyennes salariées et plus individualistes émergeaient. Dès lors, cibler  le mouvement ouvrier permet moins de gagner en force politique que par le passé. De plus, d’autres partis d’extrême gauche conquièrent l’espace auparavant occupé par PCF, tel la France Insoumise, ou des partis dissidents comme le Nouveau Parti Anticapitaliste, tandis que le Rassemblement National s’appuie largement sur les votes ouvriers. Le PCF a pu tenir sa légitimité et sa crédibilité de l’origine populaire de ses dirigeants, ce dont ils ne peuvent plus se targuer. En témoigne le parcours de Ian Brossat, tête de liste pour les élections européennes. Ce dernier se présente néanmoins comme meneur de la liste “de la France qui travaille”, maintenant l’héritage de la doctrine communiste originelle.

Le Parti Socialiste, se renouveler pour gouverner

Les victoires électorales du Parti Socialiste

Dans les années 1920,  après le congrès de Tours qui a marqué sa distinction par rapport au Parti Communiste, le Parti Socialiste refuse la participation gouvernementale : son idéologie se base sur le refus des systèmes politiques et économiques en place. Leur mot d’ordre : “le soutien sans la participation”. Pour gagner en influence politique, le Parti Socialiste doit cependant assouplir sa doctrine. En 1936, le Front populaire voit la victoire électorale de la gauche unie. Preuve est alors faite que la transformation de la société française peut se faire par le biais de la loi, si les élus sont soutenus par les masses ouvrières. Durant la guerre et l’après-guerre, le Parti Socialiste s’intègre plus encore dans le système politique. Désormais, la participation gouvernementale n’est plus un tabou au sein du parti : l’idéal révolutionnaire s’éloigne. La chute de la IVe République, le retour au pouvoir de De Gaulle et la fin de la guerre d’Algérie voient le déclin du Parti Socialiste (PS) : en 1969, Gaston Deferre n’obtient pas même 5% des voix à l’élection présidentielle. Dès lors, la refondation du parti semble nécessaire : en 1971, le congrès d’Epinay voit l’entrée de François Mitterrand, premier secrétaire d’un nouveau parti socialiste, alors que la famille socialiste s’unifie. François Mitterrand, élu président de la République en 1981, permet au PS d’introduire en politique les thèmes féministes, écologistes et régionalistes.

Aux élections législatives de 1993, c’est l’effondrement électoral pour le PS, renouvelé par l’échec de la liste conduite par Michel Rocard aux élections européennes en 1994. Lionel Jospin s’affirmant comme nouveau leader du PS, est candidat aux élections présidentielles de 1995. Ces dernières ouvrent une nouvelle ère d’intégration pour le Parti Socialiste : en tête du premier tour, il obtient plus de 47% des voix au second. Bénéficiant de la dissolution de l’Assemblée nationale en 1997 suivie par la victoire aux législatives, il est nommé Premier ministre dans la cohabitation. Le PS s’adapte alors au système politique français et Jospin procède à des réformes, intégrant des mesures de gauche dans une économie de marché et de libre entreprise tels le PACS, la parité ou les 35 heures. Selon sa formule : « Oui à l’économie de marché ; non à la société de marché. » Cependant, il échoue à l’élection présidentielle de 2002 dès le premier tour : sa défaite aurait été le résultat d’une méconnaissance des réalités sociales des plus modestes et fragiles.

Le défi de l’adaptation à l’économie de marché : comment conserver l’identité socialiste ?

Après l’échec des élections présidentielles et législatives de 2007, la tendance de l’adaptation aux nouvelles réalités économiques, sociales et internationales prend de l’ampleur au sein du parti. Ségolène Royal aurait perdu en 2007 car elle n’aurait pas été “suffisamment de gauche” et aurait révélé un “tropisme vers le centre”.  En 2010 et 2011, le socialisme s’affirme aux élections régionales et gagne des places au Sénat, pour finalement mener son candidat François Hollande au siège de la présidence de la République en 2012. Il devient alors le deuxième président de la République socialiste de la Ve République. Cependant, sa popularité baisse tout au long du quinquennat, entre scandales et remaniements. Le socialisme sort éclaté de ce mandat présidentiel. Dès lors, le PS  ayant perdu en influence et légitimité doit s’allier au mouvement Place Publique de Glucksmann. Il peut alors tenter de se donner une nouvelle identité et de peser aux élections européennes.

Aujourd’hui, quelles valeurs privilégier ?

On constate à l’heure actuelle un certain vide idéologique problématique pour le PS, pris en contradiction entre la fidélité à sa doctrine dure originelle, et la pratique effective du pouvoir. Son organisation est perpétuellement prise entre permanence et mutation. Son idéologie est née dans une France sociologiquement très différente de celle d’aujourd’hui. Il ne s’agit plus de parler de lutte des classes, de combat du capitalisme, mais de s’adapter à l’économie de marché, à la mondialisation, tout en privilégiant les valeurs de justice, de cohésion sociale. La culture individualiste de notre société ne peut s’accorder avec les valeurs originelles du Parti Socialiste, qui, au lieu des classes ouvrières, tend à représenter désormais plus largement les classes moyennes. Dès lors, la crise actuelle au Parti Socialiste semble due au flou concernant son identité et aux mutations sociologiques qu’il subit.

La promesse du mouvement écologiste

Une difficile émergence sur la scène politique

L’écologie a fait son apparition beaucoup plus tard dans le monde politique en France et même dans la société en général. Il faut attendre 1984 pour apprécier la création d’un parti politique écologique organisé. Ce parti nommé Les Verts est le résultat d’une fusion de plusieurs courants écologistes déjà existants auparavant. Avant la création des Verts, l’écologie n’était abordée que scientifiquement ou dans la vie associative. Le parti est resté longtemps très faible. De plus, la création d’un deuxième parti en 1990 : Génération Ecologie, appuyé par Mitterrand, affaiblit le poids des Verts. En 1993, les deux partis s’unissent pour les législatives mais aucun des membres ne sera élu à l’Assemblée nationale. Il est difficile pour un parti écologiste de se faire élire étant donné qu’il n’a pas de couleur politique (droite ou gauche) à proprement parler. Le parti écologique est donc divisé et faible, il doit se diversifier pour attirer des membres et des électeurs. Ainsi, l’influence de l’écologie en politique ne s’observe qu’à l’échelle locale et à l’échelle européenne, encore aujourd’hui. D’ailleurs, pour souligner cette montée en puissance à l’échelle européenne, le parti des Verts change de nom en 2008 et s’intitule : Europe Ecologie les Verts. Alors qu’il ne parvient pas à peser dans les décisions à l’échelle nationale, agir à l’échelle européenne semble une perspective plus prometteuse.

La cause écologiste, des tenants multiples

Du fait de la préoccupation écologique mondiale, de nombreux autres partis intègrent un domaine écologique dans leur programme. Ainsi, ils font concurrence au parti d’Europe Ecologie les Verts. Pourtant, malgré la présence de figures pro-environnementales au pouvoir comme Nicolas Hulot en début de mandat d’Emmanuel Macron, les avancées en termes d’écologie ne sont que moindres, voire inexistantes. Le parti écologiste est de plus en plus considéré en France mais encore faible et divisé, ce qui ne lui permet pas d’obtenir de bons résultats à chaque élection. Néanmoins, ces derniers mois semblent amorcer un intérêt croissant pour les préoccupations écologiques. En témoignent les multiples marches pour le climat des lycéens et étudiants, demandant une action politique active. Les partis écologistes devraient peser aux élections européennes.

Comment s’affirmer à l’échelle européenne ?

Toutefois,les écologistes ont du mal à s’affirmer dans un pays ou les lobbys dominent. En effet, certains grands groupes français prônant les énergies fossiles et rayonnant à l’échelle mondiale font obstacle au désir de la transition écologique (Total par exemple). D’autre part, la tradition bipartite du gouvernement empêche également les électeurs de se projeter à travers les propositions d’un parti dit “neutre”. Ce que recherchent les écologistes à travers ce parti, c’est la promotion du “bien vivre” ensemble. Leur programme se fonde sur les bases du développement durable où il n’y a de domination ni du côté social, ni du côté économique, ni du côté environnemental. Ils souhaitent un équilibre entres ces trois piliers qu’ils n’ont toujours pas réussi à valoriser auprès des concitoyens français.

Quelles perspectives pour la gauche le 26 mai ?

Actuellement, la gauche est éclatée en divers partis. Tous se ressemblent mais les compromis entre ceux-ci sont difficiles à créer. En cela, la gauche est faible. Le Parti Communiste n’a plus que très peu d’influence aujourd’hui. Il est dépassé par le parti de la France Insoumise. Les deux partis sont très similaires, notamment par l’ambition de conserver une certaine souveraineté nationale face aux décisions de l’Union Européenne. Pourtant, l’alliance semble impossible pour chacun des deux partis. Il en est de même pour le parti Génération.s qui ne souhaite pas se rapprocher du Parti Socialiste, jugé trop proche du Parti Socialiste Européen qui serait plus conservateur. Les écologistes d’Europe Ecologie les Verts n’ont eux non plus pas voulu nouer de liens avec d’autres partis pourtant proches en termes de vision politique écologique. La seule alliance qui s’est créée est celle du Parti Socialiste et de Place Publique. Ce ralliement met en lumière le désir du PS de s’assurer une place dans les décisions européennes. Il reflète la volonté de contrecarrer cet éclatement actuel au sein de la gauche. Même si les divergences restent subtiles entre ces partis de gauche, l’union semble impossible.

S’adressant aux communistes, lors son discours au congrès de Tours en 1920, Léon Blum affirmait : “Nous sommes convaincus jusqu’au fond de nous-mêmes que, pendant que vous irez courir l’aventure, il faut que quelqu’un reste garder la vieille maison (…) ; malgré tout, restons des frères qu’aura séparés une querelle cruelle, mais une querelle de famille, et qu’un foyer commun pourra encore réunir.” Face au péril de la montée du nationalisme et de l’extrême-droite, peut-être la gauche aurait-elle dû faire “foyer commun” pour ces élections à venir. De fait, pour les électeurs de gauche, la difficulté sera de se positionner pour faire front commun pour les valeurs qu’ils veulent voir défendues.

Clémentine MIQUELOT et Chloé GODIN


Sources

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