Catégorie : La Rédac’

Cinéma Jeunesse La Rédac' Société

« Mignonnes » face à la panique morale

En août dernier, Netflix US crée une polémique sans précédent avec l’annonce de la mise en ligne de Mignonnes sur sa plateforme pour début septembre. En effet, contrairement à l’affiche d’origine pour la sortie dans les salles françaises prévue, la plateforme de streaming privilégie une affiche sur laquelle les jeunes actrices au cœur de l’intrigue, quasi toutes mineures, prennent des positions lascives. S’ensuit alors une campagne virtuelle de censure contre le film de l’autre côté de l’Atlantique, accusé de faire la promotion de la pornographie infantile et de l’islamophobie.

La Rédac' Société

Libre de se soumettre

Le consentement, défini comme « l’action de donner son accord à une action, à un projet » par Le Larousse, est une condition cruciale dans les relations interpersonnelles. Dans certains domaines, la dimension éthique du consentement est plus prononcée qu’ailleurs, notamment en médecine, en psychiatrie ou encore en droit concernant entre autre les crimes et délits sexuels. Pourtant, si le droit est clair sur la distinction des crimes et délits sexuels par la « violence, contrainte, menace ou surprise » de ces actes — qui illustre donc bien l’absence d’accord — des mythes continuent de planer autour des récits des victimes.

Décryptage La Rédac' Séries Société

Burn-out‌ ‌‌de l’open‌ ‌space‌‌ ‌: ‌quelles‌ ‌échappatoires‌ ‌pour‌ ‌ce‌ ‌théâtre‌ ‌de‌ ‌l’aliénation‌ ‌?‌ (Partie 3/3)

L’open space ne peut être qu’une mascarade, qui camoufle elle-même ses propres défauts, tentant de faire croire, aux employés, mais aussi à ceux qui ne connaissent pas ce type d’espace de travail, qu’il est la panacée, un remède universel aux transformations du monde du travail actuelles. Or, l’open space n’est rien de cela, et même, ne semble plus assez stratège pour berner tout un chacun d’illusions, si bien que, une des conséquences de cela, c’est que « c’est désormais chez soi que l’on tâche de recréer le “bureau paysager” de ses rêves. [1] » L’open space a tiré un trait sur la possibilité d’être un espace de travail qui puisse véritablement donner envie aux employés de s’investir dans leur entreprise ; c’en est presque devenu un lieu de passage, que l’on quitte aussi rapidement que l’on y entre.

Décryptage La Rédac' Séries Société

Burn-out de l’open space : un théâtre sans coulisse (Partie 2/3)

Dans le premier article de notre dossier « Le burn-out de l’open space ? », nous avons tenté de faire l’esquisse de ce qu’est véritablement l’open space, ainsi qu’il est apparu dans la continuité de l’évolution du monde du travail dans sa globalité. La question qui résonne encore, en vertu des critiques qui ont été prononcées à son égard, demeure celle-ci : « Pourquoi l’open space est-il vécu comme source d’angoisse alors qu’il a été revisité pour mieux supporter l’évolution des modes de travail et s’adapter à la société contemporaine ? [1] » Il semblerait que, malgré tout, l’open space plait. En réalité, nous sommes convaincus que ce n’est pas le cas, et qu’il cache sa véritable nature continuellement.

Décryptage La Rédac' Séries Société

Burn-out de l’open space : décrire et comprendre l’espace ouvert (Partie 1/3)

« Pendant dix années, enfermé volontaire dans l’espace ouvert, je suis à présent prisonnier à l’infini de ce calvaire. Hélas, quand j’ai voulu me retirer de cette vie que je n’ai pas choisie, la fine pellicule à ma surface s’est évanouie. L’open space avait puisé mon essence et en partant, j’ai perdu ma consistance [1] », explique N2, un des personnages de la pièce Bienvenue dans l’Open Space, écrite par Lina Skoglund. Dans cette pièce loufoque, l’open space est ce lieu où chaque employé est voué à se perdre, à sombrer dans la folie. Cette satire est éminemment représentative des discours qui sont habituellement tenus au sujet de ces bureaux paysagers.

Amérique du Nord États-Unis Cinéma Environnement La Rédac' Société

Dark Waters : l’imagerie de l’enquête américaine au service de la vérité

Robert Bilott est avocat au sein d’un cabinet spécialisé dans la défense des industries chimiques. Un jour il est interpellé par un fermier, habitant dans la ville de son enfance. L’avocat prend petit à petit conscience que sa campagne et ses environs appartenant à ses souvenirs d’enfant sont empoisonnés par l’usine du groupe DuPont, mastodonte des entreprises dans le domaine chimique et premier employeur du territoire. L’avocat, joué par Mark Ruffalo, tend à faire entendre la vérité sur la pollution extrêmement nocive que font les rejets toxiques de l’usine. Sa ténacité dérange et le groupe DuPont commence à sentir en danger. Il va risquer sa carrière, sa famille et même sa propre vie. Car les rejets toxiques d’une usine avoisinante sont à l’origine d’une contamination de l’eau et de l’air qui se révèle bien plus importante qu’il ne l’imaginait. Cachée derrière sa défense puissante et les manquements judiciaires, l’entreprise chimique s’offre le luxe de faire durer le tendancieux, misant sur l’inégalité de ce combat entre David et Goliath.

France La Rédac' Politique Société

Le racisme anti-blanc : une fiction politique

Alors taxé de “raciste anti-blanc” par Pierre Ménès, la Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme (LICRA) ou encore l’hebdomadaire conservateur Valeurs Actuelles suite à ses déclarations dans le magazine italien Corriere dello Sport en septembre 2019, Lilian Thuram décide de camper sur ses positions dans l’émission Quotidien. « Est-ce qu’il y a une idéologie qui place les personnes blanches tout en bas de l’échelle ? Est-ce qu’il y a eu déjà des systèmes politiques où les personnes blanches sont ségrégées ? […] Et là on peut arriver à la conclusion qu’il n’y a pas de racisme anti-blanc ! »

Cinéma Europe Histoire Humour Jeunesse La Rédac'

Jojo Rabbit : histoire d’un endoctrinement précoce

Présenté comme le petit ovni de ce début d’année, Jojo Rabbit de et avec Taika Waititi s’empare d’une période éminemment cinématographique : la Seconde Guerre mondiale. Le récit est celui de Jojo, un petit garçon allemand, convaincu des idées nazies, rentrant dans la Hitlerjungend (les Jeunesses hitlériennes) ayant pour ami imaginaire Adolf Hitler. Le scénario a été écrit en 2011 et pendant des années celui-ci a toujours été refusé jusqu’à ce que la Fox se décide à le produire tant le projet semblait singulier (ce qui est assez étonnant pour un grand studio de production et qui me semble-t-il, est à saluer). Le réalisateur propose une création étonnante et curieuse, une fable satirique sur l’altérité, l’embrigadement et la jeunesse, tout en tordant les codes de la satire en proposant un parti pris de mise en scène original : le choix du point de vue de l’enfant.