En septembre dernier, la sociologue et politologue Jeannine Mossuz-Lavau publiait, 16 ans après sa première enquête sur le sujet, La vie sexuelle en France. Elle y constate une libération de la parole sur la sexualité. Internet apparaît comme l’un des vecteurs principaux de ce changement. Pour certains, ce foisonnement d’images et de propos, pour partie libérés de la censure, s’avère désacralisant parce que le sexe est précieux et intime. Pour autant, il est aussi sociétal, et les discours d’ordres médical, juridique, psychologique, en lien avec notre vie sexuelle, ont le mérite de mettre à jour un constat probant : les femmes ne sont toujours pas égales aux hommes en matière de sexualité. Elles portent en effet le fardeau de la contraception. Leur nombre de partenaires reste sujet à un jugement aussi sévère qu’illégitime. De manière générale, la recherche du plaisir charnel reste considérée comme une caractéristique masculine. Lorsqu’elle est assumée chez une femme, encore davantage sur internet, c’est la porte ouverte aux insultes. La femme doit être plus douce, plus pure. Mais à la charnière des discours scientifique et féministe, un nouveau terrain de lutte émerge : celui de la répartition des plaisirs dans les rapports hétérosexuels. La sexualité, en tant qu’élément central des rapports hommes-femmes, est donc un espace où l’égalité est encore à conquérir.